Prise de plume


Uncategorized / mardi, octobre 23rd, 2018

Peut-être faudrait-t-il débuter par le commencement…

C’est l’histoire d’une jeune femme, bientôt d’une trentaine d’années, qui a toujours voulu écrire.

Quand elle était petite, elle écrivait des histoires, à propos de ses copines, de leurs disputes à propos d’un chien.

Lorsque qu’élève on lui proposait des concours d’écriture de nouvelles et de romans, elle se jetait à corps perdu dans l’exercice, toujours ravie de pouvoir raconter des histoires, de pouvoir inventer, de pouvoir imaginer.

Il est facile d’écrire quand on n’a jamais lu autre chose que le Club des cinq, ou Agatha Christie, on ne souffre pas la comparaison.

Puis elle a grandi, et elle a vécu ses premières difficultés familiales. Puisque ses cris n’étaient pas suffisants pour couvrir ceux des adultes, il a fallu trouver une nouvelle arme.

En couchant les mots sur le papier, elle a pu crier sa détresse et sa colère face à l’injustice ressentie de tout ce qui n’arrive qu’à elle et pas aux autres.

Puis elle a connu sa première histoire d’amour, ou plutôt sa première histoire d’histoire d’amour concrète. Bercés d’illusions et de naïveté, ils s’aimaient profondément sans toutefois savoir trop bien comment s’y prendre.

Maladroitement mais sincèrement ils se sont aimés, ils ont imaginés leur futur ensemble, leur mariage, les enfants qu’ils auraient plus tard.

Mais ce plus tard n’est jamais arrivé, et l’innocence des premiers projets s’en est allée, et les projets avec…

Alors l’adolescente a écrit, elle a composé des poèmes pour exprimer sa tristesse et les espoirs envolés.

Les poèmes se sont multipliés, les mots étant son moyen le plus simple d’expression. Pris d’un courage impromptu, un poème a même une fois atteint, par voie postale, sa cible.

Il est toutefois demeuré lettre morte.

Les sentiments se sont alors mués en souvenirs, et les souvenirs ont été remplacés par de nouveaux espoirs, avec d’autres cette fois-ci.

Et elle a alors cessé d’écrire.

Jusqu’au jour où dévastée par un quotidien et des projets qui ne lui convenaient plus, desquels elle se sentait enfermée, emprisonnée, elle a pris sa plume et a déferlé les mots sur les pages.

L’avocate s’est alors aperçue que si elle essayait de se convaincre qu’elle savait manier habilement l’art de l’oralité, écrire était toutefois chose plus aisée.

Seuls les mots pouvaient exprimer la justesse de ses sentiments.

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